À Vielsalm, rassemblement pour le climat et la biodiversité à l’initiative de l’Université des Champs 2019

Les participants à l’Université des Champs s’étaient donné rendez-vous vers 19 h 30 le mardi 28 mai 2019 avant la séance du conseil communal devant l’hôtel de ville. 

Mauvais temps oblige, c’est dans la salle du conseil communal que la rencontre a eu lieu en présence des conseillers et conseillères.

 C’est Jean-Pierre Offergeld qui s’est adressé au bourgmestre et aux membres du conseil au nom des personnes présentes (en sa qualité de plus vieil étudiant de l’Université des Champs, a-t-il souligné avec le sourire). Voici un extrait de son intervention.

« Monsieur le Bourgmestre,

Il y a un an, lorsque nous avons cherché un prochain sujet à développer à la Bibliothèque Publique de Vielsalm pour les cours à dispenser à l’Université des Champs en 2019, nous nous sommes arrêtés sur celui "du dérèglement climatique, ses causes, ses conséquences et les mesures à prendre".

Alors, nous n’imaginions pas à quel point et aussi rapidement ce sujet allait devenir brûlant, qu’il ferait aujourd’hui et déjà depuis quelques mois, l’objet de toute l’actualité, non seulement celle de la Politique (avec un P majuscule) de notre pays, mais aussi, puis-je dire, celle du monde entier. Qu’il deviendrait le détonateur qui mettrait toute notre jeunesse en émoi et la mobiliserait en très grand nombre sur les places de nos cités, nous faisant part de son inquiétude pour un avenir proche, à nous,  les responsables.

C’était sans doute prémonitoire de notre part. Mais les leçons magistrales qui nous ont été dispensées par tous ces érudits, ces nombreux hommes et femmes de science dont plusieurs professeurs de nos universités, prouvent à suffisance combien l’actualité climatique nous devance et combien il est temps, il est urgent de réagir si nous ne voulons pas dépasser le point de non-retour (2°C) qui mettrait la survie de l’homme en question. 

Sans vouloir verser dans une culture du catastrophisme qui prévoit l’effondrement du système, restons cependant lucides et confiants dans l’intelligence collective. » 

Pour Jean-Pierre Offergeld et les participants à l'Université des Champs, il est grand temps: chacun selon ses moyens doit agir et réagir, nous avons encore les capacités de surmonter ce péril (le mot n’est pas trop fort). Il faut relever le défi, travailler notre résilience, c’est un sujet grave de conscience morale.

Et Jean-Pierre Offergeld, après avoir rappelé que la Commune avait déjà souscrit à la Convention des Maires et au programme POLLEC, de suggérer au nom du groupe que le conseil communal, à l’instar des élus de la Commune de Koekelberg, prenne la décision de faire une déclaration d'urgence climatique,  adoptant un « plan Climat-Social » ayant pour objectif de respecter les grands principes établis dans les accords de Paris de la COP21 en 2015 (contenir notamment le réchauffement climatique en dessous des 2°C).  « Les petits ruisseaux font les grandes rivières », a-t-il ajouté.

Mais il n’en est pas resté là et a proposé également que la Commune de Vielsalm profite d’une coupe à blanc dans une de ses propriétés forestières pour inviter les citoyennes et citoyens à y planter des arbres d’essences variées. 

Dans sa réponse, le bourgmestre Élie Deblire a rappelé notamment les différentes actions entreprises par la Commune de Vielsalm en faveur des énergies propres et de la réduction des gaz à effet de serre.

Il a également regretté que la population ne soit pas suffisamment présente à certaines activités comme le salon « Energie » et a invité les manifestantes et manifestants à marquer de leur présence un tel salon. Sans doute, cette invitation – pour ne pas utiliser le terme admonestation – aurait-elle dû s’adresser davantage aux absents…

Quelles responsabilités ?

À l’évidence, les actions individuelles, les actions « Colibri » ou celles émanant de groupements locaux ne suffiront pas, mais elles n’en sont pas moins nécessaires.

J’ai déjà évoqué sur salm.be les propos de Violaine Wathelet que je rappelle ici : « Peut-on rappeler que 50 % des gaz à effet de serre sont, par exemple, produits par cinquante entreprises ? Ou que l’agrobusiness est en train de littéralement détruire la forêt amazonienne ?

L’hyperresponsabilisation écologique individuelle, en mettant le curseur sur l’individu, en accentuant notre responsabilité ou notre culpabilité, tend à invisibiliser "cette minorité décidée" composée par les grands groupes capitalistes dont la capacité à modifier le cadre collectif est, d’ailleurs, impressionnante.

Nous avons tous et toutes une part de responsabilité dans l’épanouissement de notre planète, mais il est grand temps que ceux et celles qui sont coupables de la majorité des dégâts écologiques et sociaux modifient fondamentalement leur mode de production. »

Et Violaine Wathelet de lier débat écologique, justice sociale et redistribution des richesses : « Ce qui nous amène au dernier écueil, sans doute le plus important. L’hyperresponsabilisation écologique se centre exclusivement sur l’urgence écologique. Et y répond par des actes de réparation. Réparer, c’est conserver un système sans le requestionner. Or le débat écologique ne peut avoir lieu sans mobiliser celui de la justice sociale.

Sortir l’écologie des questions de redistribution des richesses, des rapports de pouvoir et des finalités de notre système économique, c’est une manière de ne plus les poser, de faire croire que la solution passera uniquement par des changements "technologiques". Or le drame écologique que nous vivons n’est que le résultat d’un mode de production capitaliste libéral et néolibéral à peine séculaire. Il fait donc partie intégrante des logiques économiques qu’il est urgent de redéfinir radicalement. On ne peut plus faire comme s’il n’était qu’une externalité négative qu’il suffirait de soigner indépendamment du reste. » 

A lire ou à relire: http://www.salmiens.be/transition-droits-humains-et-alimentation-durable-a-vielsalm-avec-olivier-de-schutter.

J. Gennen